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Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

Vues de Budapest - Hongrie

Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

"Les Braises" - Márai Sándor

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Titre: Les Braises (A gyertyák csonkig égnek)

Auteur: Márai Sándor

Traducteurs :Marcelle et Georges Régnier

Année de parution :1942

Éditeur: Albin Michel


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Un nouveau livre de Márai offert comme cadeau d'anniversaire. Une chaude recommandation de ma compagne. Il ne m'en fallait pas plus pour essayer de marcher sur ces braises en évitant de me bruler la plante des pieds.

Je ne représenterai pas Márai Sándor, je vous invite à relire ce que j'ai déjà écrit sur lui lorsque j'ai parlé de son « Mémoire de Hongrie ».

« Les Braises », je ne vous le cache pas, est un livre qui m'a beaucoup apporté, qui m'a beaucoup fait réfléchir et que je très probablement relire un jour ou l'autre. C'est ce type de roman où malgré la gêne que me procure le fait de corner un livre je ne peux m'en empêcher...

Márai nous plonge dans un huit-clos extraordinaire de sensibilité et de vérité qui se situe dans un château de la campagne hongroise. Unité de lieu donc. L'histoire dure environ 24 heures. Unité de temps. Les personnages sont peu nombreux ; 2 principaux, un au cœur du récit mais absent et un quatrième qui un rôle secondaire mais unique.

Deux amis, au sens le plus profond du terme – nous sommes loin de Facebook -, se retrouvent après une séparation de 41 ans. Deux amis qui se sont connus et aimés durant leur formation d'officier de l'armée impériale. Et ils ont des choses à se dire, ces deux amis, Conrad et le Général. Non pas à propos de ces 41 années mais plutôt sur ce qui s'est passé avant, avant que leur(s?) monde(s) change. Il est question d'amitié et d'amour donc de fidélité, de vieillissement, de fin de « civilisation » (celle qui est morte avec la 1ere guerre mondiale) qui est un thème récurrent de Márai Sándor.

Je ne veux pas trop déflorer le sujet mais il me faut souligner avec quel talent Márai Sándor entretient la tension dramatique par une série de révélations et de coups de théâtre au point où le lecteur à parfois l'impression d'être dans un (excellent) roman policier.

Pour finir, rien que pour vous mais à condition de promettre de se plonger dans ces « Braises », quelques extraits de ce roman :

« L'ami, pas plus que l'amant, n'a le droit d'exiger la récompense de ses sentiments...il ne devrait pas considérer comme surnaturel l'être choisi mais, connaissant les défauts de celui-ci, il devrait l'accepter avec ses défauts et toutes les conséquences de ces défauts. Ce serait l'idéal...et je me demande souvent si dans cet idéal, il vaudrait la peine d'être un homme et de vivre? »

« D'ailleurs, quelqu'un a-t-il jamais écrit la vérité? »

« Dans chaque livre se trouvait un grain de vérité et chaque souvenir m'apprenait que l'on cherche en vain la vraie nature des liens humains. Les connaissances acquises ne nous font pas plus savants. C'est pourquoi nous n'avons pas le droit d'exiger franchise et fidélité absolues de l'être que nous avons choisi pour ami, même lorsque l'expérience nous a révélé que cet ami était infidèle .»

« Exiger la fidélité n'est-ce pas agir en égoïste et en présomptueux? Voulons-nous réellement le bonheur de l'être aimé quand nous lui réclamons la fidélité? A présent, à la fin de ma vie, ma réponse ne serait pas aussi catégorique que celle que j'aurai donnée il y a quarante et un ans. »

« En effet, nous vieillissons tout doucement, dit le général. Tout d'abord, c'est notre joie de vivre et de voir nos semblables qui s'émousse. Peu à peu, le sens de la réalité prédomine en nous. Nous pénétrons mieux le sens des choses et nous assistons avec ennui à la succession d'évènements qui se répétent. Le noter est déjà un signe de vieillisse. »

ps : Et oui, vous avez raison, Márai Sándor est hongrois et ses textes ne reflètent pas un optimisme étincelant!


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