Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

Vues de Budapest - Hongrie

Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

"L’âme du village hanté" (1/2) de SCHRAMEK Zsófia (Dix mots en toute latitudes 2012)

com

 

Comme promis voilà l'oeuvre de SCHRAMEK Zsófia, Mikszáth Kálmán Gimnázium, Postaforgalmi Szakközépiskola és Kollégium de Pásztó qui a gagné le 1er prix du concours "Dix mots en toute latitudes 2012" dans la catégorie A. Pour plus d'infos, c'est ici.

 

 

 

L’âme du village hanté

 


L’homme essuya les gouttes de pluie sur son visage. Ses cheveux étaient ébouriffés et son paletot noir était malmené par le vent violent. A la montagne il faisait encore plus froid qu’au bassin en bas. Là-bas il y avait un village oublié par le monde mais bien connu de lui. Il se cachait devant les broussailles et observait les petites maisons du village. Elles semblaient comme des petites lucioles de la lumière qui sortait par les fenêtres.
Il avait voyagé pendant dix jours pour y arriver. Jadis, ce village couvert par des nuages noirs avait été son refuge mais ces temps sont passés. Maintenant c’était le domaine d’un tyran et la communauté des gens simples et naïfs. Il avait été chassé par des cauchemars et des visions effrayantes de l’avenir du village mais finalement sa mission avait été déclaré: Il fallait rétablir l’ordre au village avant qu’il ne soit trop tard. Et avec un peu de chance vers minuit il y arriverait.

 

 


 

La pluie tombait sur le petit village caché au pied des montagnes. Le mois de Novembre était toujours comme ça. Venteux, brumeux et froid. De petits groupes de gens se dépêchaient dans la rue noire pour arriver le plus tôt possible à l’église. Ils n’étaient pas beaucoup. Le village n’avait que cent habitants, surtout des personnes âgées et des ermites. Il restait encore quelques jeunes, mais ils avaient déjà rêvassé d’un déménagement à la ville par-delà les montagnes qui entouraient le village comme des chaînes. Il n’y avait pas de transport public entre les communautés, même pas une route qui les traverserait. Le village était mourant.
La messe commença à 6 heures du matin. L’église était petite et simple avec un autel en bois et quelques rangées de bancs vermoulus, mais la pauvreté ne diminuait pas sa gloire spirituelle. Les habitants adoraient ce bâtiment. C’était le symbole de leur unité, de leur foi et de leur vie. Dans l’église tout le monde avait sa propre place et comme tout le monde connaissait tout le monde, ces réunions étaient toujours émouvantes. Mais ce matin-là tout se passait autrement.
- Marine n’est pas ici! – les mots ont résonné entre les murs.
Tout le monde regardait vers la seule place vide. C’était au milieu dans la troisième rangée de gauche. La place de Marine.
C’était une jeune de 19 ans et elle habitait dans une petite maison en marge du village juste à côté du bois. C’était la maison de sa mère qui était morte quelques mois avant. Depuis ça, elle vivait seule et elle alla l’église fréquemment pour apaiser son deuil. Depuis la mort de sa mère elle n’omettait pas une seule cérémonie.
- C’est incroyable! - la peur perçant dans leur voix.
- Peut-être qu’elle est malade. - supposa quelqu’un.
- Le matin quand j’ai frappé à la porte personne n’a répondu. J’ai pensé qu’elle est déjà partie. – dit sa voisine Aude.
- Elle est absente et c’est un très mauvais signe. – dit une dame vieille et accablée. – Quelque chose de terrible que l’on pensait déjà fini maintenant recommence et personne ne peut lui résister.
- Mais qu’est-ce qui s’était passé? Si elle a été frappé d’un malheur on doit l’aider!
- Mais pas maintenant mes fidèles! – le prêtre est entré pour commencer la messe. – Ouvrez votre psaumes à la page soixante-sept, on commence la cérémonie!
- Et Marine? – demanda un petit garçon dans le première rangée.
Les gens retenaient leurs respiration en attendant la réponse.
- Bien sûr, on va prier pour elle.

 

 

 

L’homme habillé en noir observait la cérémonie en se cachant à la cage du clocher. Il était arrivé tard. Une personne était déjà perdue et qui sait combien allaient mourir s’il ne découvrait pas le coupable.
La nuit dernière il avait fouillé dans l’église pour quelques informations sur le gouvernement du village mais il n’avait pas trouvé de grande chose. Le seul gouverneur était Gérard Dubois le prêtre actuel. Il régnait depuis 15 ans. Depuis le grand déménagement des habitants. Pendant son règne une seule famille pouvait quitter le village. C’était sa famille.
Il était encore un petit enfant et il avait vécu avec son père et sa mère dans une vieille maison en marge du village. Ce soir-là il y avait eu du brouillard dehors. Ils avaient emballé leurs possessions dérisoires et étaient sortis leur maison en silence. Ils étaient allés vers la Grotte Noire, où il y avait une seule sortie secrète de bassin, un système de grottes calcaires. L’entrée n’était pas filée par les mercenaires du prêtre car personne ne l’a connaissait. L’existence des grottes avait été le grand secret de sa famille. Tous les pères avaient confié le secret à leur fils aîné, mais jusque-là personne n’avait eu du courage de s’enfuir. Mais la situation avec les meurtres dans le village s’était aggravé et ils avaient dû faire quelque chose. Ils avaient quitté le village à travers les grottes et avaient fait vœu de ne jamais y revenir.
Et maintenant il était de retour pour prévenir contre la même série de crimes qui se passa il y a 15 ans.

Après la messe les villageois se sont réunis pour organiser les troupes et commencer la recherche de Marine. Ils se divisèrent en groupes de trois ou quatre membres et allèrent au bois en criant son nom. La forêt était fourré et obscure. Les gens marchaient dans la boue qui montait à mi-jambe à cause de la pluie qui était tombée la nuit précédente. Vers midi ils sont retournés à l’église pour la messe et après ils ont recommencé.
Après la troisième cérémonie du jour ils ne pouvaient plus continuer les recherches. Comme c’était le mois de Novembre il faisait nuit de plus en plus tôt. Personne n’était rentré chez soi, ils sont restés réunis dans l’église et ont essayé de se calmer.
- On va continuer la recherche demain. – dit un homme grand, appellé Grégory. – On va la trouver.
- Et si ça recommence? – demanda la dame vieille.
- Recommence quoi? – C’était Aude qui avait posé la question.
Elle avait le même âge que Marine donc elle ne rappelait pas ce qui c’était passé il y a 15 ans. Tout le monde se regardait et attendait l’histoire. Enfin la dame a commencé.
- Tout ça commença il y a 15 ans, en Février quand le prêtre précédant Grégoire Martin est mort. Selon plusieurs paroles en l’air il a quitté le village en travesti avec la dernière vague du déménagement, mais certaines rumeurs disent que la baisse grave de la population l’a acculé au suicide. On ne sait pas la vérité mais on sait bien que pendant l’interregnum qui durait 7 mois son âme est revenue. Tout a commencé de la même façon que maintenant. Quand la première personne a disparu on ne pensait pas que c’était un crime. Comme il y avait beaucoup de famille et de gens qui ont quitté le village en ce temps là on pensait qu’elle déménageait aussi. La femme disparue s’appelait Joséphine. Elle avait une caractère aimable, au village tout le monde l’aimait. Elle avait un certain âge et elle n’était pas encore mariée. Elle se plaignait souvent de sa situation car elle ne trouvait pas l’homme parfait pour elle. Son songe était une vie nouvelle à la ville par-delà les montagnes. On était même heureux qu’elle ait trouvé la moyen de recommencer sa vie. Jusqu’en Mai neuf personnes ont disparu et on n’avait pas encore peur, mais quand la crue du ruisseau apporta le cadavre de Joséphine on sentit que quelque chose de mal était arrivé à notre village. Les assassinats continuèrent jusqu’en Septembre quand Gérard Dubois, le prêtre actuel a occupé sa place. Il nous a dit que si on ne rêvait pas de quitter le village, l’âme arrêterait le massacre, et on a fait comme ça. Personne ne s’aventurait plus à rêvasser de déménagement.
- Et maintenant tu penses que Marine est disparu à cause de ses songes? – demandait Aude.
- On sait bien qu’elle voulait partir. Peut-être elle l’a fait, peut-être pas. Mais si l’âme est revenue, personne ne peut protéger ceux qui balayent la lune!

 

[à suivre...]

Print
Repost

Commenter cet article