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Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

Vues de Budapest - Hongrie

Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

Historique du Lycée Français de Budapest

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Historique du LYCEE FRANÇAIS DE BUDAPEST 

 

Les origines de l’enseignement français en Hongrie : des gouvernantes aux  coopérations chrétiennes. 

    Les relations culturelles entre la France et la Hongrie se cristallisent dès le XVIIème siècle lors de la coopération entre François II Rakóczi et Louis XIV. A la fin du XVIIIème siècle, le message de la révolution française touche la Hongrie, de même lors de la révolution de 1848 entamée dès février à Paris. Malgré l’apparent échec de 1848, la Hongrie s’épanouit et s’enrichit grâce au compromis austro-hongrois de 1867. Emergent alors des classes bourgeoises qui font venir des gouvernantes francophones de Suisse, de France et de Belgique.

    Certes, le Traité du Trianon a été un traumatisme, mais les liens culturels résistent et dès 1927, un Institut hongrois est créé à Paris. Pour faire écho à cette initiative, la France entreprend 11 ans plus tard de manière plus confidentielle un renouveau des échanges culturels bilatéraux.

http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/biographies/photo/jpg/6336.jpg

   Marc Schérer

    En 1938, Marc Schérer, futur parlementaire français, s’engage dans l’enseignement de la langue française dans un lycée confessionnel localisé à 25 km au nord-est de Budapest, à Gödöllő. Cet établissement confessionnel est baptisé « Saint Norbert » et appartient à l’ordre des Prémontrés. Un des premiers à suivre la promotion de 1938 se nomme Pal Sarközy. Nous sommes dans la logique militante des chrétiens s’activant pour les « Œuvres françaises à l’étranger ». Le lycée résistera aux tempêtes, mais disparaît lors du siège militaire de 1945 où s’opposent l’armée russe et l’armée allemande. Il faut noter qu’aux alentours de Gödöllő se trouvaient beaucoup de prisonniers français du STO qui avaient fui le Reich et se cachaient chez des particuliers. Budapest est alors un « verrou » qu’il faut faire sauter. L’arrivée des communistes au pouvoir ouvre un nouveau chapitre des relations culturelles entre la Hongrie et la France.

 

Dans la Hongrie communiste : de la tolérance de 1947 à l’officialisation en 1961 

    La bipolarisation de l’Europe et la soviétisation de la Hongrie provoquent l’arrêt des coopérations entre la Hongrie et la France, et dès 1947, l’Etat hongrois interrompt son contrat de diffusion avec les radios françaises. Pourtant c’est cette même année que se crée un discret Institut français sur Ferenczy István utca (dans le cinquième arrondissement). Cet institut est alors dirigé par M. François Gachot. La Hongrie alors ne fait que tolérer cet Institut français car l’arrêté gouvernemental de 1949 impose le russe comme langue obligatoire. Il est toutefois curieux de noter que dans les années 1950, les deux seuls instituts français qui existent en Europe Centrale se trouvent à Zagreb et à Budapest.

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   Quant à l’Institut hongrois de Paris, on fête en 1958 les 25 ans d’enseignement des études finno-ougriennes à l’INALCO. Un rapprochement culturel semble donc encore possible de part et d’autre. Cela fut scellé en 1961 : des accords culturels entre les deux pays sont ainsi relancés et on ouvre de manière plus officielle un nouvel Institut français dans le 6ème arrondissement à Szegfű utca. L’année suivante, en 1962, dans ces mêmes locaux, on crée un lycée français de Budapest.

    On ne compte alors que 17 élèves. Ils sont encadrés par des précepteurs et suivent des cours par correspondance. Cette même année, la traduction en français d’une « anthologie de la poésie hongroise » est entreprise par Ladislas Gara.

 

Du centre de Pest aux collines de Buda

1962 - 2012 : le temps de la croissance et de l’équilibre 

 

   De 1962 à 1993, le lycée français de Budapest est un lycée local, régional qui n’a pas de vrai statut juridique. Durant la relative ouverture des années 1980 puis surtout après la chute du « rideau de fer » en 1989, tout s’accélère. Déjà en 1985, est créé un institut universitaire entre la Hongrie et l’université de Paris III : on nomme cet organe, le CIEH (Centre Interuniversitaire d’Etudes Hongroises), puis on crée le CIEF en 1990 (Centre Interuniversitaire d’Etudes françaises). En 1992, l’Institut français s’installe dans ses nouveaux locaux à Fő utca. L’enthousiasme francophone est alors à son comble à Budapest. On y compte alors de nombreux adultes voulant suivre des cours de français. Le lycée français, quant à lui, aménage dans le 2ème arrondissement, dans Mátyás király utca.

    C’était une petite maison qui était un ancien jardin d’enfants du « Ministère du Commerce Extérieur » hongrois. Il y avait une école maternelle et élémentaire. Des classes de collèges sont organisées, encadrées par des répétiteurs. Devant l’augmentation des effectifs, un appartement fut ensuite loué, puis ensuite une maison plus grande, dite « Maison jaune ». En 1993, la création d’une Fondation et l’aide de la chambre de commerce franco-hongroise accélère le processus de création d’un lycée réellement autonome, et doublée d’une aide financière de l’Etat hongrois dès 1994. D’ailleurs en 1992, les familles hongroises avaient plébiscité le lycée français en lui décernant, « le Prix de la scolarité ».

 

   Durant la fin des années 1990, le nombre d’élèves augmente considérablement. Avec la construction d’un nouveau lycée en 2002, on accueille aujourd’hui plus de 600 élèves de différentes nationalités. En 2011, on compte 30 % de Français, 35 % de Hongrois, 17 % de tiers, et 18% de binationaux.

 

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Eric Baible, professeur d'Histoire-Géographie

Félécie de Gérandot, Documentaliste

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