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Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

Vues de Budapest - Hongrie

Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

8 novembre 1956 : pétition de membres et de proches du PCF "Pas de chars à Budapest!"

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Cette pétition née à l'initiative de Vercors et parue le 8 novembre 1956, signée par des membres et des compagnons de route du PCF: Sartre, Vercors, Claude Roy, Roger Vailland, Simone de Beauvoir, Michel Leiris, J-F Rolland, Louis de Villefosse, Janine Bouissounouse, Jacques Prévert, Colette Audry, Jean Aurenche, Pierre Bost, Jean Cau, Claude Lanzmann, Marcel Péju, Promidès, Jean Robeyrolle, André Spire, Laurent Schwartz, Claude Morgan.

Pas de chars à Budapest !

«Les soussignés, n'ayant jamais témoigné de sentiments inamicaux à l'égard de l'URSS ni du socialisme, s'estiment aujourd'hui en droit de protester auprès du gouvernement soviétique contre l'emploi des canons et des chars pour briser la révolte du peuple hongrois et sa volonté d'indépendance, même s'il se mêlait à cette révolte des éléments réactionnaires dont les appels ont retenti à la radio des insurgés.

Nous pensons et nous penserons toujours que le socialisme, pas plus que la liberté, ne s'apporte à la pointe des baïonnettes et nous redoutons qu'un gouvernement imposé par la force ne soit rapidement obligé, pour se maintenir, d'employer lui-même la coercition et son cortège d'injustices, contre son propre peuple.

En particulier, si nous sommes sûrs que rien n'est actuellement médité contre la liberté des écrivains hongrois, nous ne pouvons cependant repousser pour l'avenir toute inquiétude à leur égard et nous nous élevons à l'avance contre les poursuites dont ils pourraient devenir l'objet.

Cela dit, nous nous élevons avec non moins de force contre les hypocrites qui osent s'indigner aujourd'hui de ce qu'ils acceptaient hier sans broncher. Nous dénions le droit de protester contre l'ingérence soviétique en Hongrie à ceux qui se sont tus ­ s'ils n'applaudissaient pas ­ lorsque les Etats-Unis ont étouffé dans le sang la liberté conquise par le Guatemala.

Nous dénions ce droit à tous ceux qui osent parler d'un "coup de Prague dans l'instant où ils applaudissaient bruyamment le "coup de Suez. Nous dénions ce droit à un ministre qui pousse le cynisme, à l'heure où ses parachutistes envahissent le sol égyptien, jusqu'à oser parler de la liberté des nations et à flétrir d'une voix pathétique ceux qui osent y porter atteinte.

Notre première revendication, auprès du gouvernement soviétique comme du gouvernement français, tient dans un mot: la vérité. Là où elle triomphe, le crime est impossible, là où elle succombe, il ne peut y avoir de justice, ni de paix, ni de liberté.»

Le lendemain, Sartre annonce qu'il rompt avec le PCF. Il sera suivi par bien de compagnons de route et d'intellectuels communistes, qui quitteront le parti.

8 novembre 1956 : pétition de membres et de proches du PCF "Pas de chars à Budapest!"
8 novembre 1956 : pétition de membres et de proches du PCF "Pas de chars à Budapest!"
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