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Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

Vues de Budapest - Hongrie

Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

23 octobre, fête nationale en Hongrie

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J'ai beaucoup hésité sur la manière de parler cette année de la fête nationale, jour de souvenir de l’insurrection/révolution d'octobre 1956.

Pourquoi cet embarras? Parce que depuis des années c'est une journée où chaque clan "politique" essaye de montrer aux autres ses forces, et cela sans authentique esprit de commémoration, en ayant une vue biaisée de l'Histoire. Le travail de Mémoire oui, mais le travail de l'Histoire est plus important pour pouvoir regarder vers le futur.

SI vous souhaitez lire un ouvrage sur la question, je vous recommande "Budapest 56. Les 12 jours qui ébranlèrent l'empire soviétique" de Victor Sebestyen.

L'INA propose des "Jalons pour l'histoire" qui souvent très souvent des documents très riches, d'autant qu'ils sont accompagnés de notice sur le contexte historique et d'un éclairage média.

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Contexte historique

Après la mort de Staline le 6 mars 1953, le "nouveau cours" voulu par la direction du PC d'URSS (et qu'illustre en particulier la reconnaissance du "titisme") encourage à plus de hardiesse les éléments réformistes et libéraux dans les démocraties populaires. Les révélations du XXe Congrès sur les crimes de Staline laissent espérer un "dégel du glacier des dogmes".

En Hongrie, le 23 octobre 1956, à l'issue d'une manifestation rassemblant plus de 10 000 personnes, une statue de Staline est renversée. Des unités de l'armée hongroise envoyées pour rétablir l'ordre fraternisent avec les manifestants. Devant l'ampleur des événements, les Soviétiques se retirent de Budapest. Un nouveau gouvernement porté par la volonté populaire et dirigé par Imre Nagy s'installe au pouvoir. Sous la pression populaire qui revendique des élections libres et le rejet du pacte de Varsovie, Imre Nagy annonce le retour au pluralisme politique. Mais en affirmant, le 1er novembre, la neutralité de la Hongrie, il franchit une limite inacceptable pour l'URSS, soucieuse de l'intégrité du bloc soviétique.

Le 4 novembre, un millier de chars russes envahissent la capitale. Janos Kadar est placé au pouvoir. La répression qui s'ensuit fait près de 20 000 morts et 15 000 déportés, tandis que des dizaines de milliers de Hongrois prennent le chemin de l'exil. Imre Nagy sera exécuté le 17 juin 1958.

Eve Bonnivard

Éclairage Média

Ce document prend fait et cause pour l'insurrection hongroise. Davantage qu'un compte-rendu journalistique, il s'agit d'un vibrant hommage au sacrifice du peuple hongrois, érigé en martyr de la lutte du monde libre contre la dictature soviétique. Les termes choisis, mais aussi les images (désarroi des insurgés, cohortes de réfugiés) révèlent la compassion du locuteur pour le "drame" des Hongrois. La musique concourt à la dramatisation, de même que le ton sombre et solennel du commentateur ("le deuil d'une nation écrasée par la conscience du monde").

Le discours du ministre des Affaires étrangères du gouvernement Mollet se veut à la fois un puissant témoignage de solidarité et une diatribe contre l'ONU, accusée de ne prêter attention qu'aux aventures d'un "dictateur égyptien", en l'occurrence le colonel Nasser. Christian Pineau, ancien militant syndical, résistant et déporté, accuse l'URSS de s'abriter derrière ce rideau de fumée pour réprimer dans l'indifférence générale l'aspiration des Hongrois à la liberté.

La référence à la Résistance et à la Seconde Guerre mondiale, inscrite en filigrane, se fait explicite lorsque la voix off dit, à propos des images des exilés, qu'elles "rappellent les heures les plus tristes de l'exode". La tension dramatique, portée par la musique, s'accroît à mesure qu'approche le dénouement de ce récit très bien construit : "Les chars russes arrivent....Nouvelle fusée...Les chars russes sont là...Un grand silence tombe sur la Hongrie."

Eve Bonnivard

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