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Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

Vues de Budapest - Hongrie

Faire découvrir, faire comprendre, faire aimer la Hongrie et Budapest

La complainte de Marie - le poème le plus ancien en langue hongroise

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Ce poème, le plus ancien de la langue hongroise, est une adaptation libre d'un hymne latin de Geoffroi de Breteuil. On pense qu'il a été composé dans un couvent italien, vers 1300, par un prédicateur dominicain hongrois.

La complainte de Marie

J'ignorais les ennuis

Et j'en souffre aujourd'hui,

Je suis toute meurtrie.

Le Juif m'a dérobé

Mon fils, mon bien-aimé,

Mon seigneur adoré.

O gracieux agnelet,

O tendre enfantelet,

Ta mère est dans les pleurs,

Apaise sa douleur.

Je ne peux que pleurer,

Mon pauvre cœur chancelle,

Ce cœur va trépasser

De ton sang qui ruisselle.

O toi, monde des mondes,

Fleur de toutes les fleurs,

On te couvre de honte,

On te perce le cœur.

Malheur, fils éternel

Aussi doux que le miel !

O mon fils languissant,

Dont l'eau a pris le sang !

Ma peine, ma douleur

Sont montés jusqu'au ciel.

Tout au fond de mon cœur

Mon deuil est éternel.

Mort, prends-moi dans ta ronde,

Épargne l'agneau doux,

Petit Seigneur du monde

Qu'on adore à genoux.

Siméon était sage :

La peine est un couteau,

J'ai reçu son message,

Il me perce la peau.

Le juge a décidé

Que de moi fît tranché

Ce fils qui a souffert

Malemort sous le fer.

O Juif, ton jugement

Condamne un innocent.

Les verges, les épines

Et le fer l'assassinent.

Je demande sa grâce,

Sa grâce et non la mienne.

Ou faites que trépasse

Dans la même géhenne

Le doux fils et sa mère.

(vers 1300)

Traduction Lucien Feuillade.

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